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ATHOME AUDIO MASTERING

mastering audiophile | CD, vinyle, Hi-Res et cinéma

  • The Stranglers live à Toulouse

    J'ai découvert et j'ai appris à adorer les Stranglers en très peu de temps.

    Sur la recommendation d'un inconnu sur un forum, j'ai acheté un coffret regroupant leurs 6 premiers albums sur le label EMI. Un achat quasiment à l'aveuglette que je fais rarement. Depuis, je suis accro. Et pourtant, c'était loin d'être gagné, tant on ne sait pas par quel angle les aborder.

    Les Stranglers ont un son différent de tout, un paradoxe qui synthétise plusieurs genres a priori irréconciliables: le Punk et la Pop mélodique, le Rock Progressif avec un Rock assez Grunge avant l'heure, et la New Wave avec le Rockabilly. Ce qui est sûr, c'est que leur son est unique, notamment grâce aux claviers très "8bits" (remis à la mode récemment par plusieurs groupes); mais aussi le son de la basse de Jean-Jacques Burnel, (seul frenchy dans un groupe anglais) qu'on pourrait comparer à celui du moteur d'une Harley. Ce qui n'est pas une coïncidence car "JJ" est un fan de moto depuis toujours...

    Bref, le concert s'ouvre par une 1ère partie avec le groupe Mike Marlin, du nom je suppose du chanteur-guitariste. Lunettes, barbes, costume deux pièces, un air de Jarvis Cocker, des chorus volontairement frisant le faux. En somme un bon côté hipster. Groupe plus que compétent, mais qui joue du Rock d'auteur-compositeur très classique ...des morceaux assez peu inspirés, qui ont quelques fois un peu du mal à décoller, un son très dérivatif, rien d'innovant. Rien de mauvais non plus. Ils étaient plutôt sympathiques, mais pas des génies, je n'ai pas envie de les enfoncer. Une mise en bouche qui ne fera en tous cas pas de l'ombre aux icônes alternatives que sont The Stranglers depuis tout juste 35 ans, puisque c'était l'anniversaire de la sortie de leur premier album il y a deux jours.

    S'ensuit une entracte légèrement trop longue, mais que j'imagine aussi savamment dosée. Quand le public remplissant la salle du Bikini commence à s'impatienter et à lancer des appels, l'instrumental "Waltzinblack" se lance, projettant instantanément les fans dans l'univers bizarre, et presque dystopique qu'il connaissent bien. Sans crier gare, le groupe déboule sur scène avec un morceau Punk. Ils enchaînent avec 2 ou 3 morceaux criards et pleins d'énergie, comme pour, dès le départ, terrasser le public constitué à moitié d'adultes devenus (presque) respectables.

    Monsieur Burnel prend la parole, visiblement heureux d'être à Toulouse, fait de l'auto-dérision sur l'âge du groupe qui en moyenne, rajeunit: le membre le plus âgé du groupe, Jet Black, le batteur qui à 35 ans passés laissa tomber sa boîte de marchand de glaces (!) pour se lancer dans le Rock avec un groupe de gamins, n'était pas là car victime d'une pneumonie deux semaines auparavant lors de la tournée anglaise. Il faut dire que, comme Burnel le fit remarquer en plaisantant, après 50 ans de rails de coke et 2 bouteilles de vodka par jour, le vénérable batteur de 73 ans commençait tout juste à accuser le coup. Il est remplacé par un "jeunot" de 28 ans, Ian Barnard, que Burnel présente comme le dauphin de Jet Black, entraîné par son maître depuis une dizaine d'années; comme dans un film de Kung-Fu, on imagine. Ian Barnard prouvera être énergique et connaître parfaitement le répertoire, giflant les fûts dans un contre-temps toujours en avant, propulsant la rythmique comme le fait souvent Jet Black en live. Seul son toucher, moins fin et subtil, plus direct, le différencie de son professeur.

    Pendant plus d'une heure et demie les titres mythiques s'enchaînent avec les nouveaux morceaux des deux excellents derniers albums sans aucun temps mort. Dans ce contexte live, les dernières compositions n'avaient absolument pas à rougir des titres ultra-connus, célébrés et repris par la foule comme "Always The Sun" ou "Golden Brown" ou "Peaches", prouvant qu'ils sont loin de devoir prendre leur retraite. Le public, acquis à la cause après un "Something Better Change" enflammé, avait presque du mal à suivre le groupe, répondant avec une énergie partagée, bras levés.

    Jean-Jacques s'octroie le rôle du chouchou du public, tandis que Baz Warne, le guitariste-chanteur joue l'outsider susceptible et cabotin. De son côté, Dave Greenfield, derrière son remparts de claviers, nous grâtifie de mimiques de gentleman old fart shooté au Punk lors de solos se dévidant à toute allure comme du Bach joué pendant une alerte au feu. Vers la fin, Jean-Jacques et Baz se lancent quelques blagues en Français dans les rares moments de pause: "-Bonsoir, je m'appelle Baz et je suis glos. -Je lui ai tout appris."

    Les interprétations live sublimaient la plupart des morceaux, chose que les fans attendent toujours avec un peu d'appréhension, craignant de voir leurs favoris, las et cyniques, se transformer en jukebox. Ce qui n'était absolument pas le cas ici. Le concert s'est terminé sur 3 rappels chargés d'énergie, avec le nécessaire "Goodbye Toulouse", surprenant (malgré le fait qu'il soit bien évidemment attendu ici), car très rarement joué en concert.

    Baz Warne, qui a rejoint le groupe il y a une quinzaine d'année après que le guitariste originel se soit fait la malle, a prouvé avec naturel, encore une fois, que les accords angulaires, les solos pernicieux et les vocaux hors-ton étaient comme une seconde peau pour lui. Les explosions de basse de "Tank" finissent par achever le concert, et le public.

    Les moments forts de la soirée: un "No More Heroes" parfaitement héroïque, un "Walk On By" aux solos techniquement étourdissants, et un "Always The Sun" monumental dont le public s'est mis à reprendre le refrain sans qu'on lui demande rien.

    Le plus impressionnant pour un groupe qui a pile 50 ans de moyenne d'âge (sur scène, 60 ans en studio!), c'est de ne m'avoir jamais fait penser qu'ils les accusaient.

    Mission accomplie, je ressors du concert encore plus fan, galvanisé. Les Stranglers sont bien vivants, et pour longtemps.

    1 Comment

    • 1. Apr 8 2012 12:01PM by lafonthomas

      SI vous voulez découvrir The Stranglers, commencez par les 1ers albums, si possible dans l'ordre, par "Rattus Norvegicus".

      Surtout évitez les remasters de 2001, au son complètement charcuté. Le groupe a plusieurs très bons Best-Ofs.

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Je suis un ingénieur du son spécialisé dans le mastering audiophile.

Sur ce blog vous pourrez vous tenir au courant des projets sur lesquels je travaille et écouter et découvrir de nouveaux artistes. Et peut-être aussi apprendre quelques trucs sur le son...

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